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Culture

Lo'Jo [FONETIQ FLOWERS]

Musique.

Lo'Jo © Fabien Tijou

Lo'Jo © Fabien Tijou

Pour décrire la musique de Lo’Jo, il faudrait puiser à la fois dans un dictionnaire des rythmes du monde et une encyclopédie des harmonies universelles.
On y emprunterait des adjectifs comme bigarré, chamanique, polyglotte ou épique. On se baladerait de savanes en déserts, de fleuves en océans ou de prairies en bitume. Il y aurait des rayons de soleil et des nuages de poussière, des senteurs de pluie, des odeurs de feu et des saveurs d’épices, des flonflons et des youyous, des fiestas et des bivouacs.
Lo’Jo a exploré autant de directions musicales que de continents. La tribu a promené ses bagages autour du monde et vient les poser le temps d’une soirée à la MdU.

On écoute parfois d’une oreille distraite un ami de toujours, croyant deviner à l’avance ses paroles à venir. On achète parfois sans le lire le dernier livre d’un auteur installé qui avait pourtant durablement secoué notre adolescence. On oublie que les gens évoluent, progressent, changent, se rebiffent, vivent. On oublie que l’existence n’est souvent qu’une succession de renaissances. Ce [FONETIQ FLOWERS] nous rafraîchit soudainement la mémoire, car le groupe LO’JO y donne l’impression d’éclore à nouveau.
Après plus d’une quinzaine d’albums enregistrés depuis le début des années 80, des centaines de concerts sur tous les continents, des collaborations prestigieuses (Robert Plant, Tinariwen, Robert Wyatt, Archie Shepp…) et une aura que plus grand monde ne songerait à contester, le groupe angevin réécrit l’histoire. Ou presque. On retrouve bien entendu ici ou là les grands marqueurs de l’esthétique de l’orchestre emmené par Denis Péan, mais un souffle inédit traverse bel et bien ces treize titres enregistrés aux quatre coins du monde (Austin, Lafayette, Séoul, Tbilissi, Cotonou, Paris et Bamako). Paradoxalement, c’est pourtant probablement leur disque le moins «ethnique» malgré la présence d’un kayagum coréen, d’un panduri géorgien, d’un daf iranien, d’un rik ou d’un oud, et certainement le plus électro-acoustique de leur discographie. Peut-être parce que le groupe a invité le touche-à-tout Albin de La Simone à venir ajouter des couleurs avec ses claviers hétéroclites ? Ou peut-être parce que LO’JO y a simplement osé de nouvelles envies qui le taraudaient depuis longtemps ?
Avec leur précédent disque Cinéma El Mundo, le groupe avait donné l’impression de boucler un cycle en sortant un disque très LO’JO canal historique, comme eux seuls savaient le faire. [FONETIQ FLOWERS] est donc le premier jour du reste de leur vie. Avec tous ses possibles. Tous ses pourquoi pas. A l’image de Tom Waits ou de Nick Cave, LO’JO refuse la course contre le temps qui passe et décide d’emprunter des chemins de traverse, qui lui permettent apparemment de passer d’une vie à l’autre, sans jamais flétrir.

Denis Péan : chanteur lead, piano, Nadia Nid El Mourid : chanteuse, Yamina Nid El Mourid : chanteuse, saxophone, percussions, kamel n’goni : Richard Bourreau: violon, kora, imzad, Nicolas Meslien : basse, contrebasse, Baptiste Brondy : batterie, Jean Paul Romann : ingénieur du son façade, Anthony Harcourt : ingénieur du son retour, Jérôme Lubin : ingénieur lumière, Paul Besnard : régisseur.

Tarifs :  5 / 10 / 15 €
Infos & réservations : spectacle.mdu@univ-rouen.fr / 02 32 76 93 01
Durée : 1 h 30
Petite restauration sur place

 

Informations pratiques :

Date de l'évènement : le 5 décembre 2017
 20h
Lieu(x) : Maison de l'Université

Publié le 11 juillet 2017

mise à jour le 11 juillet 2017



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